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Le lundi 10 juillet 2006
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Entretien costien Jean-Louis Costes, la naissance d’un écrivain
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A l’occasion de la sortie du roman Grand-Père de Jean-Louis Costes aux éditions Fayard et de la réédition de son désormais culte Viva la merda ! aux éditions Hermaphrodite, voici un entretien avec le performer chamane qui fait son introduction dans le monde de la littérature avec fracas. Jusqu’alors interdit de vente dans les Fnac et autres lieux de l’entertainment institutionnels et économiques, Costes se voit enfin ouvrir grandes les portes d’un monde que tous lui prédisaient trop beau pour lui. Dans sa quête prométhéenne de l’interdit, du tabou, du sale et du choquant, Costes, pour avoir souvent conversé avec l’enfer, peut enfin dire, oui, je vois le soleil et la lumière. - On vous connait depuis longtemps pour vos chansons et vos opéras. Moins pour vos textes... Jean-Louis Costes : - J’écris régulièrement depuis 1997. Des textes courts que je publiais sur mon site internet. Je croyais que personne ne les lirait. Mais ça a plu. D’autres sites et des revues littéraires indépendantes, comme Cancer, Hermaphrodite, Bordel... m’ont demandé d’écrire pour eux. En 2001, j’ai écrit un premier texte long, “Viva la merda”, qui ressemblait plus à un scénario de film qu’à un roman. Hermaphrodite l’a publié. En 2005, David Kersan m’a présenté à Raphaël Sorin qui m’a proposé d’écrire un roman pour Fayard : Grand Père. - C’est étonnant qu’un artiste aussi underground que vous soit signé par une grand maison d’édition. J-L. Costes : - Je suis le premier étonné. Depuis vingt ans, je suis habitué à m’auto-produire et n’ai jamais eu un contrat avec une grand maison de disques, ni même de manager pour les tournées de mes spectacles. - C’est vrai que vous abordez souvent des thèmes sulfureux, avec un style cru et violent qui peut choquer. Avez vous dü vous censurer pour que ce livre soit publié ? J-L. Costes : - J’ai écrit le livre à ma façon sans me brider. Je ne peux rien créer de bon si je me fixe des limites esthétiques ou morales. Je n’excelle que dans le chaos. Je ne nage bien que dans la tempête. - On peut donc s’attendre à du pur Costes, trash, violent, choquant à tout va... J-L. Costes : - Le livre est très violent car c’est l’histoire d’un homme pris dans les grands massacres du 20ème siècle. La violence de mon style correspond à la violence de l’époque. Mais parfois, au milieu de tous ces crimes, surgit un moment de paix, d’amour, et même de mysticisme. Des miraculeux répits que j’exprime aussi. Il y a bien des fleurs qui poussent sur la merde... - Vous avez souvent dit que les textes de vos chansons étaient largement improvisés, sans que vous sachiez à l’avance quel thème serait traité ? Es-ce aussi le cas pour votre roman ? Avez vous suivi un plan précis ? J-L. Costes : - Mon expérience de la chanson influe certainement sur mon écriture. Je ne sais pas à l’avance de quoi je vais parler. Mon seul plan est de me conditionner pour entrer dans un état proche de la transe, en m’isolant complètement, en ne mangeant et ne dormant presque plus. La solitude et la faiblesse ouvrent un porte secrète dans ma tête. Je plonge dans un tunnel mental. Une voix me parle et je n’ai plus qu’à transcrire ce qu’elle me raconte. J’écris à toute vitesse, sans relire. Que ça soit bon ou mauvais n’est pas important. L’essentiel est de laisser jaillir librement le flux mental. De ne surtout pas chercher à le canaliser. Je fixe sur le papier tous les mots qui me viennent, nuit et jour, jusqu’à ce que je tombe épuisé. Et quand je me réveille, je recommence. Au bout d’un moment (six semaines pour Grand Père) le flux se tarit, la voix se tait. Je n’ai plus rien à écrire et le livre est fini. - Si vous n’avez pas de but précis quand vous écrivez le premier jet, quelle est votre intention quand vous reconstruisez le texte initial ? J-L. Costes : - Je veux communiquer les émotions les plus fortes dans le style le plus concis et percutant possible. Que le lecteur plonge dans le roman comme dans un excellent film d’aventures physiques et mentales. Que lire soit vivre une aventure.
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