Littérature
V.I.T.R.I.Ø.L.
Les Editions Caméras Animales publient V.I.T.R.I.Ø.L. d’Arnaud Pelletier.


par Axelle Felgine,    

 

DANS LA MEME RUBRIQUE :

Parution du n°2 des Cahiers Leiris
Cahier d’Ubiquité
V.I.T.R.I.Ø.L.
Grandes Espérances de Kathy Acker
Grand-Père de Jean-Louis Costes
Guillaume Dustan, paix à ton âme !
La Littérature à contre-nuit
Des nouvelles de Dieu...
Pierre Guyotat, « réaliste de l’imaginaire »
Attaques sur le chemin le soir dans la neige
ON VIT DRÔLE...
100 BONNES RAISONS DE "FAIRE" DE LA POÉSIE
Chier dans le cassetin aux apostrophes
VIOLETTE LEDUC : LA LAIDE INSPIREE
"Anti-Liban, un premier roman où se perdre en confiance"
ESTHETIQUE DE L’ACCIDENT
J’ai beaucoup souffert de ne pas avoir de mobylette
Tombés des mains du soleil
Quand les chiens parleront...
Au Nord de tes parents
D’un mausolée à l’autre
La fille ? Une bombe à retardement
Vaquette à un doigt du prix de Flore
Tétanies
"Je gagne toujours à la fin"
Bistro Bistro
Allah Superstar de Y.B
Trouée sonore
De ce dont on ne peut parler


 

« C’est l’histoire d’un être qui meurt ». Dès les premières lignes, le corps immobile et froid de l’aimée congédie le poète, le renvoie au silence de l’idiot. C’est là que V.I.T.R.I.Ø.L. commence, dans la réelle présence de la mort et dans l’éclipse brutale du sens. Le poète n’est pas seulement habité par l’absence : la mort le brûle vif. Le requiem annoncé n’est pas de ces hommages qui entretiennent les morts et figent la mémoire : c’est une quête, une incantation et un effondrement. Dans le récit des rencontres, des ruptures et des morts, le présent du poème est transpercé par la vocation de l’essentiel et par l’oubli, par l’âpreté du réel et par la pureté désincarnée du souvenir. Pour dire la profondeur de la blessure, l’écriture charrie les larmes, le sang, les soupirs et les chants. On pense à l’expérience d’Artaud : « au moment où l’âme s’apprête à organiser sa richesse, ses découvertes, cette révélation, à cette inconsciente minute où la chose est sur le point d’émaner, une volonté supérieure et méchante attaque l’âme comme un vitriol attaque la masse mot-et-image, et me laisse, moi, pantelant comme à la porte même de la vie... ». V.I.T.R.I.Ø.L. est plus qu’un flux nerveux. Nulle économie dans la concision, mais une pensée ramassée en quelques mots d’une étrangeté incisive et d’une précision tranchante. On est loin de l’esthétique des catacombes : la fureur de cette écriture organique est un souffle. Le manuscrit que recherchent les protagonistes du récit se révèle littéralement toxique : les bavards au souffle dispendieux, comme les avares qui voudraient conjurer la mort par l’Hymne au Soleil, ne parlent pas : ils expectorent et meurent. Dans le terrifiant « Mourirs vifs », récit autobiographique où se succèdent les séjours à l’asile et les relations avortées - autant de morts au monde -, le poète proteste contre l’essoufflement de nos vies, contre les petits et les grands compromis qui font les plaisirs moutonniers : « la résurrection de celui qui meurt à lui-même, à sa vie médiocre, pourrie de compromis, ne peut advenir que par les mots du corps ». L’écriture de V.I.T.R.I.Ø.L. n’est pourtant ni une cicatrice, ni une séquelle laissée par la morsure de la « bestiole interne ». Dans les dislocations, les sédiments de la mémoire, l’exécration et la célébration, le poète fait l’expérience de l’absolu, du mourir à soi, de l’écrire-contre-soi, pour retrouver, derrière le vernis écaillé des mots, l’éclat mat du « diamant noir à cinq faces ». C’est une patience à l’œuvre.

V.I.T.R.I.Ø.L. est le premier livre d’Arnaud Pelletier, jeune poète dont la disparition brutale, en juin dernier, a profondément attristé les membres d’Hermaphrodite qui avaient eu la chance de le connaître et de lire ses premiers textes.

Arnaud Pelletier. V.I.T.R.I.Ø.L. (suivi de Mourirs vifs)

Postface de Hubert Haddad

Editions Caméras Animales. 2005. 12 €.

Commandez ce livre en ligne auprès des Editions Caméras Animales

 


Axelle Felgine

 


Il y a 1 contribution(s) au forum.


> V.I.T.R.I.Ø.L. je connaissai pas mais je crois que je vai connaître
(1/ 1) 2 novembre 2005, par fifi

 

 


> V.I.T.R.I.Ø.L. je connaissai pas mais je crois que je vai connaître
2 novembre 2005, par fifi

je suis impressionnai..... je ne connaissais pas, j’ai apris la sortie du livre par un mail des Editions Caméras Animales et par curiosité de ce mail trés fort en émotion, j’ai voulu en savoir plus..... merci


Réagir à cet article


En Résumé Plan du Site Le Collectif La Rédaction Contact Catalogue Lettre d’Information
Textes & illustrations sous COPYRIGHT de leurs auteurs. Traduction/Translation