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Le lundi 31 janvier 2005
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Entretien avec le photographe Arnaud Bantquin par Philippe Krebs,
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(Portrait d’Arnaud Bantquin par Frédéric Vignale) - Pour ceux qui ne te connaîtraient pas encore, mais qui est donc Arnaud Bantquin ? - Tu as couvert pendant dix jours le festival de performances poétiques Teranova. Peux-tu nous raconter comme tu as vécu cette expérience ? Ce festival a nécessité une telle endurance que je parlerais de "gastro photographique" tant je me suis vidé d’images ! On ne ressort pas indemne d’une ingestion massive d’évènements. Photographier c’est s’imprégner, figer et enfin se remémorer afin de vérifier l’adéquation entre l’image isolée et la scène in vivo. Cette régurgitation a été d’autant plus épuisante qu’elle s’est répétée dix jours durant... Mais le jeu en valait la chandelle !
- Sur les photographies prises pendant le festival, on sent chez toi une facilité à capter les moments festifs et à saisir l’action au point culminant de son déroulement. Comment as-tu travaillé dans un cadre où l’une des difficultés était la profusion des événements ? Mon unique préoccupation aura été de "photographier juste". A l’instar de la vidéo qui saisit 24 images par seconde, la photographie consiste à saisir l’Instant symbolique. Le résumé exige une compréhension du texte... l’image requiert celle de l’évènement. Les portraits des acteurs de Teranova auraient été complètement différents sans l’écoute attentive des vers, des sons, des souffles... et du silence. Il m’a fallut vivre et ressentir Teranova pour en approcher l’essence.
- Tu es initialement photographe de mode pour différents organes de presse sur Paris et en région. Quel plaisir prends-tu à travailler dans ce cadre ? Pour moi, la photographie de mode n’est pas une fin en soi. Mes images ne rentrent pas dans le cahier des charges de l’art contemporain car elles ne sont pas précédées de leurs longs chapelets de concepts. Adieu donc veaux, vaches, cochons, expos et éditions ! Mon goût "trop" prononcé pour l’esthétisme n’a trouvé d’écho que dans la mode. Mais je ne m’en plains pas et apprécie pleinement de pouvoir vivre de ce que j’aime.
- Peux-tu nous parler de tes expériences les plus extravagantes que tu as vécu en tant que photographe ? Elles sont nombreuses mais la dernière en date, je l’ai vécue dans le cadre de Teranova lors de la performance au sein du centre hospitalier de Jury. Je cherchais le Beau, on m’a offert le Vrai. Trop de douleurs, de cris refoulés, de visages défaits. Et ces yeux...trop pleins d’émotions qu’ils en semblaient vides et qui cherchaient les miens cachés derrière l’appareil. C’est la pellicule qui a tout pris. Je cherchais le Beau, on m’a offert le vrai Beau !
- Peut-on dire qu’Arnaud Bantquin est un photographe nomade, puisque tu as pris l’habitude de te déplacer dans un combi dans lequel tu peux dormir ?
- Quelles sont tes sources d’inspiration ?
Comme me l’a fait remarquer notre ami Frédéric Vignale, la photographie que je pratique est très sexuée. Loin de moi l’idée de m’en défendre .
- Quels sont tes nouveaux projets ?
Ajoute à ça un recueil photos / textes intitulé « la Femme en marches », une pincée de Norapolis ; saupoudre le tout de photographies de mode et tu obtiens une année bien remplie !
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