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Le jeudi 17 juillet 2003
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Réponse à l’article Intermittence et Tour de France par Tristan-Edern Vaquette,
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Ami-camarade Yann, Quand on ne sait pas on ne dit pas, ou bien manifestement, on dit des bêtises terribles, enfin non, justement, pas terribles, et c’est un intermittent du spectacle, l’IndispensablE Tristan-Edern Vaquette en personne qui va te le signifier. Les coureurs du Tour de France sont des professionnels salariés à l’année. Si, demain, leur employeur ne les payait que le temps d’une course, les laissant alors le reste du temps sans un sou pour manger et se loger, cela ne leur donnerait gère le loisir - pardon, le travail - de s’entraîner pour être au niveau le jour de ladite course. L’intermittence du spectacle, c’est cela et simplement cela, malgré toutes les bêtises qu’on entend ici ou là, malheureusement ici et là : c’est un système de redistribution qui permet à chacun d’assurer la continuité de son choix professionnel dans un métier qui, par nature, est discontinu dans son activité. Cela répond d’ailleurs à un privilège accordé aux employeurs du spectacle : la possibilité de ne pas devoir COMME DANS TOUTE AUTRE ACTIVITÉ, salarier à temps plein son personnel (les coureurs cyclistes, l’hiver, sont payés, non ? pourquoi le producteur de Johnny Hallyday ne salarie-t-il pas à l’année ses techniciens et autres musiciens ?). Cela dit, je te l’accord, le statut professionnel des cyclistes, souvent mal payés pour la plupart, ne retire rien au courage et à la passion qu’ils ont de monter sur un vélo, même blessés, ce que ne font pas beaucoup de salariés qui profitent de la moindre pointe de fièvre pour obtenir un arrêt de travail. La fièvre, tiens, justement, parlons-en. Moi, j’ai déjà joué (sur scène) avec 40°, j’ai déjà joué avec une entorse à la cheville (une vraie, bien grosse et bien douloureuse), j’ai déjà joué avec une hémorragie interne dans le genou avant d’aller aux urgences après le spectacle, j’ai déjà joué après m’être fait tabasser par des types du Front National, et je connais énormément de mes collègues qui, bien que méprisables par leur absence de talent et le conformisme de leur travail, sont du moins estimables pour avoir fait exactement la même chose, et souvent pour encore moins d’argent qu’un prolo du cyclisme (si, si, c’est possible : le Smic dans nos beaux métiers, ça n’existe pas, et la très grande majorité des intermittents n’ont pas de voiture neuve, ne partent pas en vacances, travaillent plus de 35h par semaine et bouffent des pâtes pour boucler la fin du mois plus souvent qu’à leur tour - ça ne fait pas d’eux des héros bien sûr, ça ne leur donne pas une once de talent supplémentaire ni une légitimité quelconque pour venir nous casser les couilles avec la énième reprise de Dario Fo à Avignon, ou le 69ème groupe de trash-musette version son de Paris pour bar à musique de l’Est parisien, simplement, il serait souhaitable d’arrêter de dire n’importe quoi, tout le temps). Revenons à l’intermittence. C’est une subvention déguisée pour pallier le fait que Brioche la boulangère ou l’US Postal ne s’intéressent pas, mais alors pas du tout, aux spectacles de Tilly ou de Jacques Livchine, aux films de Mocky ou de Gaspard Noé ? pire, une subvention à laquelle ont accès toute sorte de faignants prétentieux qui ne feront jamais rien de rien pour l’histoire de l’art et/ou de la subversion ? Et bien soit, c’est vrai, mais je préfère encore cela au libéralisme à l’anglo-saxonne qui laisse crever le nez dans la misère quiconque ne répond pas aux critères de l’entertainment, ou à une subvention à la française, non déguisée, certes, mais décrétée par le ministère de la culture et attribuée EXCLUSIVEMENT à des faignants prétentieux qui ne feront jamais rien de rien pour l’histoire de l’art et/ou de la subversion, et surtout jamais à Vaquette ou à Costes. D’ailleurs, ami-camarade cyclophile, tu ne trouves manifestement rien à redire, il me semble, au fait que les cyclistes soient transformés en panneaux publicitaires à la solde du grand capital, sachant probablement que c’est la condition sine qua non pour qu’ils puissent vivre pleinement et sans contrainte financière quotidienne leur passion. Oui, je suis intermittent du spectacle, je « profite du système », ce qui me permet simplement de me consacrer absolument à la plus jolie chose qui soit (moi) au lieu de perdre un temps précieux à enseigner la physique à des veaux en école d’ingénieur ou à vendre des frites à des jeunes cons obèses chez monsieur et madame Mac Do - mais tu as raison, ami-camarade Yann, ce doit être la preuve infamante de mon plus absolu bourgeoisisme. L’IndispensablE, en personne Lire l’article Intermittence et Tour de France
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